Les premiers résultats d'une grande enquête sur le Contexte de la sexualité en France révèlent une évolution de la sexualité féminine. Ainsi, d'après celle-ci, les femmes rattrapent les hommes pour l'âge de la « première fois », ont plus de partenaires, s'emparent d'Internet et sont plus actives sexuellement après 50 ans qu'autrefois.
Cette troisième enquête nationale sur les comportements sexuels en France qui fut réalisée à la demande de l'ANRS (Agence Nationale de Recherches sur le Sida et les hépatites virales) afin d'aider à l'élaboration de politiques de prévention cohérentes en matière de sexualité (MST, sida, ...) a été menée sous la responsabilité scientifique de Michel Bozon, sociologue, et Nathalie Bajos et coordonnée par Nathalie Beltzer.
Cette enquête fut réalisée, entre octobre 2005 et mars 2006, et menée par téléphone auprès de 12364 Français, hommes et femmes, âgés de 18 à 69 ans.
Les résultats de l'enquête reflètent « toutes les évolutions du statut de la femme », souligne Nathalie Bajos.
Ainsi, en un demi-siècle, l'entrée dans la vie sexuelle des hommes s'est abaissée d'un an et demi et, celle des femmes de trois ans. L'âge moyen du premier rapport sexuel chez les filles (17,6 ans) est dorénavant très proche de celui des hommes (17,2 ans).
La sexualité des femmes s'est aussi diversifiée depuis les précédentes enquêtes de 1970 et de 1992.
" Les femmes de + de 50 ans en couple (situation de la grande majorité des 50-69 ans) sont plus actives sexuellement : en 1970, une sur deux avait des rapports sexuels avec son compagnon, aujourd'hui c'est 9 sur dix, c'est devenu normal", relève Michel Bozon. Par ailleurs, la fréquence des rapports sexuels a aussi augmenté dans cette tranche d'âge (7 rapports/mois contre 5 en 1992) alors qu'aucune évolution n'est observée chez les hommes du même âge (7 dans les deux enquêtes).
Les femmes déclarent aussi plus de partenaires que dans les précédentes enquêtes, en moyenne 4, 4. C'est toujours moins que les hommes (11,6, ce chiffre est resté stable depuis les années septante). Néanmoins, « les femmes ne comptent pas de la même manière », affirme Nathalie Bajos. "Elles ne retiennent pas ceux qu'elles ne considèrent pas comme valorisants, par exemple ceux d'un soir, alors que les hommes comptent tout".
Les femmes, contrairement aux hommes, sont plus nombreuses qu'en 1992 à déclarer qu'elles ont eu des rapports sexuels avec quelqu'un du même sexe. Parmi les personnes sondées, 4% des femmes contre 4,1% des hommes affirment avoir eu des rapports homosexuels au cours de leur vie.
L'étude montre que les nouveaux moyens de communication comme Internet ne sont pas sans effet sur les rencontres et l'activité sexuelle puisque 1 homme sur dix, entre 20 et 24 ans, aurait déjà eu des rapports sexuels avec une personne rencontrée via Internet (6% des femmes).
En revanche, "les représentations de la sexualité changent beaucoup moins que ne changent les pratiques", souligne Michel Bozon. Elles "sont plutôt dans le registre de l'affectif, de la conjugalité pour les femmes et dans le besoin naturel pour les hommes", ajoute Nathalie Bajos. Seuls 28% des femmes de 18 à 24 ans considèrent que le sexe peut se passer d'amour, contre 57% des garçons du même âge. "Ces différences de représentation continuent à être attribuées à la biologie alors qu' elles sont essentiellement socialement construites", estime celle-ci en évoquant les rapports de force socio-économiques hommes-femmes dans la société.
Catherine, Rédactrice de baby.be et Babyfrance.com